11000L

L’empreinte hydrique des vêtements en coton

11000L

Il faut environ 11 000 litres d’eau pour produire un seul kilogramme de coton, et près de 2 700 litres pour un T-shirt. La mode éphémère laisse une empreinte considérable et invisible.

Source : WWF Canada, « Water: The Stuff of Everything ». Une empreinte hydrique approximative, qui ne correspond pas seulement à l’eau prélevée au robinet.

Problème 1 · L’ampleur

Plus de vêtements.
Moins portés.

> 100 milliards

articles de vêtements vendus dans le monde en 2015. Il s’agit d’un chiffre de ventes historique, et non du volume de production annuel actuel.

Source : Fondation Ellen MacArthur (2017), figure 1

≈ 2×

la hausse des ventes mondiales de vêtements entre 2000 et 2015, selon le graphique historique du rapport.

Source : Fondation Ellen MacArthur (2017), figure 1

< 1 %

des matières utilisées pour fabriquer des vêtements ont été recyclées en nouveaux vêtements, selon le rapport. D’autres flux comprennent le recyclage à moindre valeur, et pas seulement la mise au rebut.

Source : Fondation Ellen MacArthur (2017), p. 20 / figure 3

Problème 2 · L’eau

≈ 2 700 L

un T-shirt en coton · estimation

Source : Chapagain et al. (2005), tableau 4.4

Un T-shirt.
Une empreinte invisible.

Une étude a estimé à 2 720 litres l’empreinte d’un T-shirt en coton de 250 g, souvent arrondie à 2 700 litres. Cette empreinte de production comprend l’eau de pluie consommée par la culture, les eaux de surface et souterraines consommées, ainsi qu’un volume calculé pour diluer la pollution.

Source : UNESCO-IHE, « The water footprint of cotton consumption » (2005), tableau 4.4

Il ne s’agit pas uniquement d’eau d’irrigation, et le volume calculé pour diluer la pollution n’est pas de l’eau physiquement prélevée. Cette estimation historique porte sur la production, pas sur le lavage à domicile. L’origine du coton, le poids du vêtement et la méthode de calcul modifient le résultat.

Problème 3 · Polyester et microplastiques

Le plastique invisible.

Si le coton consomme énormément d’eau, qu’en est-il des autres matières ? La plupart des vêtements bon marché aujourd’hui ne sont pas en coton, mais en polyester, une fibre plastique. Contrairement au coton, le polyester ne se biodégrade pas ; chaque lavage en machine peut libérer de minuscules fibres plastiques qui traversent le traitement des eaux usées et rejoignent les rivières et les océans.

59 %

de la production mondiale de fibres était du polyester en 2024 — la fibre la plus produite, fabriquée en grande partie à partir de combustibles fossiles.

Source : Textile Exchange, Materials Market Report 2025

≈ 35 %

des microplastiques estimés qui pénètrent directement dans les océans proviendraient du lavage de textiles synthétiques comme le polyester.

Source : Boucher et Friot, UICN (2017)

≈ 0,5 Mt

de microfibres plastiques seraient rejetées chaque année dans les océans lors du lavage de textiles à base de plastique.

Source : Fondation Ellen MacArthur (2017), p. 37

Il s’agit d’estimations issues de modélisations mondiales, et non de mesures portant sur un vêtement précis. La quantité de fibres libérées dépend du tissu, du lave-linge et de la lessive ; les chercheurs travaillent encore à des méthodes de mesure normalisées.

Montagne de vêtements abandonnés dans le désert d’Atacama

Problème 4 · Là où tout finit

Hors de vue.
Mais pas disparu.

Désert d’Atacama, Chili

Au moins 39 000 tonnes

L’AFP a rapporté qu’environ 59 000 tonnes de vêtements arrivaient chaque année à Iquique, dont au moins 39 000 finissaient dans des décharges du désert. Ces chiffres proviennent de son reportage de 2021 et ne constituent pas un taux annuel vérifié aujourd’hui.

Source : AFP / France 24, 8 novembre 2021

Les vêtements invendables s’accumulent près d’Alto Hospicio. Les fibres synthétiques peuvent persister longtemps ; brûler ces amas produit une pollution qui affecte les communautés voisines.

Kantamanto, Accra, Ghana

15 millions de vêtements par semaine

The Or Foundation estime que Kantamanto reçoit ce volume de vêtements. Il s’agit d’une estimation pour ce marché de seconde main, et non d’un décompte officiel des importations dans l’ensemble du Ghana.

Source : The Or Foundation, Stop Waste Colonialism

La même organisation estime que 40 % d’une balle moyenne quittent le marché sous forme de déchets. Les textiles abandonnés pèsent sur les systèmes locaux de gestion des déchets, et certains atteignent les cours d’eau et les plages.

Source : The Or Foundation, estimation fondée sur des recherches de terrain

« Donner » des vêtements ne les fait pas disparaître. Cela ne fait souvent que déplacer le problème vers les pays du Sud.

Quiz

Quelle est la taille de ton empreinte mode ?

Choisis la réponse qui te correspond le mieux. Plus elle est à droite, plus l'empreinte CO₂ et eau est élevée.

Question 1 sur 6

Combien de vêtements neufs achètes-tu par an ?

Choisis une réponse pour continuer.

Il s'agit d'une auto-évaluation, pas d'une mesure. Elle compare tes habitudes aux principaux facteurs de l'empreinte eau et CO₂ des vêtements : quantité produite, durée de port et entretien.

Source : Fondation Ellen MacArthur (2017)

Alors, que pouvons-nous faire ?→